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4 août 2019, 21 h 30

Carnet de cure, jour 15 (1) Ces derniers jours, la fatigue a été écrasante. Levée vendredi tous les membres tremblants, descendue boire un café pour remonter aussitôt retrouver le lit ; sinon le sommeil, au moins le repos. Une matinée de soins, des occasions de jouer à faire groupe : manquées. Mais tant pis, l’important était d’écouter mon corps. Et mon corps ne voulait plus avancer, ne pouvait plus s’astreindre au cadre que je suis venue chercher ici. Alors que j’ai toujours été en-dehors, même lorsque quelques éléments sociaux (rarement) pouvaient faire croire que j’étais en-dedans, je m’y suis assez facilement installée, sans heurts radicaux, sans blessures sous le derme. J’ai voulu qu’une hygiène de vie me rentre dans la peau, qu’elle devienne évidente au point que je n’ai plus à réfléchir, à faire d’effort – le moindre – pour me lever à l’aube, réguler mes journées, m’acquitter de tous les rendez-vous, travailler et produire. Que la discipline et l’automatisme remplacent le projet/le souhait/l’idée de faire, que le geste supplante l’astreinte. Tenir ce carnet de cure relevait de cette volonté. Conjurer l’absence de l’écriture depuis deux ans, apprendre à l’inconscient ce que je savais sans qu’il me serve à rien, que le travail ramène le flux quand on croit qu’il s’est égaré, que le travail lui donne l’espace à investir, que le travail balaye le doute et ancre les épaules pour que les mains aillent librement vers toutes les aventures. Mais ces derniers jours, je n’ai pas pu. L’épuisement occupait tout mon territoire et, si les mots venaient, j’avais le souffle trop court pour les porter au-dehors de moi. Dans le basculement qui s’opère cette année, je dois aussi - paradoxe ultime - finir d’évacuer toutes les poussières de culpabilité encore accrochées à la paresse et à l’abandon que, dit-on, je pratique si bien. Trouver, au-delà du cadre, les points d’équilibre.

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