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6 août 19, 15 h 03

Carnet de cure, jour 17 (1) Depuis ce matin, la douceur se réinstalle. Je sais bien, pourtant, que les révolutions ne se font pas dans le calme et l'apaisement, que chaque changement de vie, de paradigme, de société, s'opère aussi par la violence (j'attends d'ailleurs avec une impatience exacerbée que l'humanité se rebelle, se soulève et s'élève). Pourtant - encore une fois -- j'avais oublié. Je n'envisageais plus la furie des courants qui me traversent et m'ont presque renversée, les spasmes qui mettent au bord de l'étouffement, les secousses qui reviennent questionner les piliers construits pierre à pierre. J'imaginais passer trois semaines à barboter dans l'eau ; c'était sans compter sa puissance. J'avais oublié, j'ai quand même traversé. Alors souffler, desserrer les poings et souplement redresser le cou. Ma mère n'écoute aucun de mes mots ? Faire quelques pas en arrière, quelques pas de plus, et refuser de participer à sa colère et à sa peur. Des amis manquent à leur parole ou me conseillent une voie qui m'abîme ? Réajuster mes plans, passer à la balance le possible et l'impossible, décider du meilleur et affirmer mon désir. Le lieu où je vis ne sera bientôt plus à moi ? Accepter l'idée de plier bagages plutôt que d'avoir les genoux qui se bloquent et commencer tout de suite à envisager l'ailleurs. Le cyclone est passé, j'ai retrouvé mon Pacifique. Et la douceur, oui, s'est réinstallée.

image CCW



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