7 août 19, 20 h 58
- Carole Cohen-Wolf

- 12 août 2019
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Carnet de cure, jour 19 (2) Les cigales jacassent deux ou trois tons plus bas, quelques nuages voguent paresseusement vers l'ouest, les enfants chuchotent et le village tout entier bruisse au ralenti. Andréa sait déjà qu'elle ne fera pas la saison prochaine et glisse de la nonchalance au détachement, s'anesthésiant les oreilles à des rythmes fugain et faisant déborder les verres et glisser les assiettes. Du casino, les voix de moyen âge qui beuglaient du sardou passent moderato cantabile au fabian essoufflé et au kaas enrhumé, même s'il reste un acharné décidé à mourir d'amour enchaîné. Les curistes sont presque aimables et les vêtements que j'avais soigneusement rangés dans l'armoire et la commode s'empilent à tour de manches sur les chaises de ma chambre. La 316, qui couche en douce avec la 323, manque la cloche du dîner et quitte l'étage qui n'est pas le sien en dévalant l'escalier devant ma porte ouverte. Encore trois jours et il faudra remettre en lice le maillot jaune que je n'ai pas besoin de porter. Trois p'tits tours et j'm'en ira...
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